Astrologue.org propose sa rubrique d'astrologie mondiale: les configurations planétaires et leurs conséquences sur les évènements internationaux.

ASTROLOGIE

LE COIN DU SPECIALISTE
Les nombres du zodiaque

Par Christophe de Cène

Ce coin du (très) spécialiste, un peu particulier, n'est pas l'exposé d'un énième système ou dogme. Les quelques réflexions qui suivent invitent l'astrologue à explorer un domaine presque vierge, fait d'étranges coïncidences dans le monde des rythmes planétaires.

Les planètes ne sont pas des boules de billard livrées aux aléas d'une mécanique chaotique. Le système, solaire évoque un champ parfaitement organisé dans lequel chaque élément, chaque rythme, est lié aux autres. Sans doute l'étude de ces cycles emboîtés est-elle riche d'implications astrologiques.

Les récentes recherches astrophysiques font apparaître des corrélations de plus en plus étroites entre les différents cycles planétaires. Citons le magazine Science & Avenir : « Nous le savons en effet aujourd'hui, tout le système solaire doit être regardé comme un vaste ensemble résonnant, le calcul électronique ayant notamment révélé la résonance stable du binôme représenté par Neptune et Pluton. En 495 ans, la première de ces planètes effectue trois révolutions autour du Soleil, alors que Pluton en boucle deux. .../... Une communication de trois chercheurs italiens nous a présenté le système solaire encore beaucoup plus stable que tout ce que l'on imaginait. .../... La simulation a fait apparaître une oscillation en antiphase des axes d'Uranus et Neptune ainsi qu'un échange des mouvements angulaires entre Jupiter et Uranus (1).

La stabilité exemplaire du système solaire tient à une distribution harmonieuse des rythmes planétaires. Le fait astrologique repose sur des considérations de rythmes et de temps. Il est intéressant de noter que la stabilité du système solaire tient à des rapports de cycles. Ainsi, les astéroïdes, petites planètes gravitant surtout entre Mars et Jupiter, se groupent en familles suivant théoriquement la loi des lacunes dite de Kirwood : le rapport des rythmes astéroïdes/Jupiter n'approche jamais certaines valeurs simples (1/3, 1/2, 2/5, 3/7). L'astéroïde se stabilise lorsque le rapport de son cycle de révolution autour du Soleil et du cycle de Jupiter est voisin de valeurs déterminées par la théorie (2/7,3/8,4/9). Si l'astéroïde occupe l'une de ces orbites stables, chaque conjonction (héliocentrique) Jupiter/astéroïde se fera à 72° de la précédente. La succession de ces conjonctions dessine sur le cercle une étoile à cinq branches. Nous avons là une clé essentielle pour aborder la signification d’un astéroïde : avec quelle planète est-il en résonance sur le plan du rythme ? On découvre ainsi que Junon, avec une période de 1591 jours, résonne astrologiquement avec Vénus : Lorsque Vénus effectue 7 révolutions autour du Soleil, Junon en boucle 1. Les conjonctions héliocentriques des deux astres dessinent sur le cercle une étoile à six branche, symbole de beauté et d’harmonie ; des significations voisines de celles que l’approche mythologique induit. De même, Vesta « le feu purificateur » résonne avec Saturne (1 tour pour 8, une étoile à 7 branches) et Cérès avec le petit dernier découvert : Chiron.

Lorsque Cérès effectue 22 révolutions autour du Soleil, le centaure Chiron en boucle 2 exactement. Cette résonance évoque les lames de Tarots de la tradition, toutes deux graphiquement superposables : l’arcane 13 pour le moissonneur Cérès, la lame 22, le Fou, pour l’excentrique Chiron… dont l’orbite très excentrique (c’est à dire le moins circulaire, l’ellipse de sa course autour du Soleil étant très allongée) fait changer de plan et passer du vieux Monde (Saturne, dont Chiron croise l’orbite) au nouvel ordre (Uranus, que Chiron croise aussi).

Au delà, les périodes de révolution autour du Soleil du trio Uranus Neptune Pluton (les trois planètes connues les plus éloignées du Soleil) suivent une progression de 1, 2 et 3. En 84 ans, Uranus effectue un tour du Soleil. Si nous multiplions ce nombre par 2 et 3, nous obtenons approximativement les périodes de Neptune (168 ans) et Pluton (252 ans).

Les biologistes découvrent aujourd'hui l'importance des donneurs de rythmes dans notre évolution. Selon certains théoriciens, l'organisme humain adapte ses rythmes internes à des cycles extérieurs réguliers, tels ceux des planètes (2). Ainsi est-il légitime de considérer les cycles planétaires comme des repères, rendant compte de manière approximative des rythmes humains. D'où l'idée de modéliser le système solaire comme un ensemble dans lequel des rythmes simples (ayant entre eux des rapports entiers) se succèdent.


Figure 1 : un modèle simple pour le système solaire.

Nous avons tenté de construire le modèle simple (rapports de rythmes entiers) approchant au mieux le système solaire. Par convention, la Lune figure dans ce système, bien que le satellite naturel de la Terre ne fasse pas à proprement parler partie du « champ résonnant ». Aucun astrologue ne nous en voudra cependant d'adjoindre la Lune à l'ensemble cohérent des planètes. La figure 1 rend compte de cet exercice de style pas nécessairement gratuit.

A côté de chaque planète, on note sa période de révolution (apparente pour le Soleil) en jours ou en années. Les relations de cycles sont figurées par un trait ou un arc. Les nombres inscrits en . caractères gras en regard de ces arcs sont les rapports entiers qui font passer de la période de révolution d'une planète à la suivante. Ainsi, la période de révolution autour du Soleil de Jupiter est de 12 ans, celle d'Uranus de 84 ans. Le nombre 7 est le rapport 84/12. Les cycles ainsi obtenus ne s'éloignent jamais de plus de 5% des périodes réelles observées pour les planètes.

Entre Mars et Jupiter figure un astéroïde. Là encore, la période entière de 4 ans est la plus proche de la période de révolution moyenne des astéroïdes.

DE CURIEUSES FIGURES GEOMETRIQUES

Que peut-on attendre des simplifications de périodes suggérées par la figure 1 ? Les cycles planétaires deviennent limpides. Rappelons que le cycle de deux planètes est déterminé par l'intervalle de temps entre deux conjonctions. Le cycle Jupiter-Saturne est de 20 ans environ ; en 1961 et 1981, ces deux planètes étaient en conjonction. Or, c'est la répartition dans l'espace de ces conjonctions successives qui ouvre la voie à de nouveaux supports d'interprétation. Un exemple. Le cycle Neptune-Pluton est d'environ 500 ans. Durant ce laps de temps, Neptune aura bouclé trois tours du zodiaque, et Pluton deux. La conjonction de ces deux planètes se fera approximativement (un mot qui revient souvent !) au même point du zodiaque. Qu'en est-il dans la réalité astronomique ? Neptune et Pluton étaient en conjonction en 1398 et 1892, dans les deux cas dans la même zone du zodiaque (entre 0° et 5° des Gémeaux).

Si Neptune et Pluton se donnent rendez-vous tous les 500 ans au même point du zodiaque, il est d'autres planètes qui préfèrent varier leurs lieux de conjonctions. Jupiter et Uranus, par exemple, se retrouvent tous les 14 ans à un point du zodiaque situé à 60° (sextile) du lieu de la précédente conjonction. Ce cycle est remarquable (figure 2). Jupiter-Uranus dessinent une étoile à six branches.

Ainsi, chaque cycle devient l'expression d'un aspect. C'est là que réside l'intérêt de la simplification des périodes planétaires (figure 1). Si une planète tourne N fois plus vite qu'une autre autour du zodiaque, leurs conjonctions successives diviseront le zodiaque en N-l parts égales. Jupiter tourne 7 fois plus vite qu'Uranus : les conjonctions Jupiter et Uranus dessinent une étoile à 6 branches (7-1=6) et la période apparente du Soleil est sensiblement 13 fois celle de la Lune, ce qui est à l’origine de notre zodiaque, selon la majorité des historiens : les deux luminaires divisent le zodiaque en 12 parts égales (13-1 : 12 signes zodiacaux). On peut évoquer le cycle Soleil-Vénus (conjonctions successives en étoile à cinq branches - indice d'harmonie), et trouver de précieuses clés d'interprétation dans cet enchevêtrement de périodes (3).

LE ZODIAQUE DES NOMBRES

Reportons-nous à la figure 1 : le rapport de rythmes le plus élevé (13) est celui qui concerne le cycle Soleil-Lune, une relation immédiatement riche de significations. Parce que la période de révolution apparente du Soleil vaut sensiblement 13 fois celle de la Lune (13 fois 28 jours égale 364 jours), chaque conjonction Soleil-Lune se fera approximativement à 30° de la précédente, divisant ainsi le cercle en douze parties. A titre d'exemple, l'année 1988 est marquée par 12 conjonctions Soleil-Lune (lunaisons), se produisant respectivement à 28° du Capricorne (en janvier), 28° du Verseau (février), en Poissons, Bélier, Taureau, Gémeaux, Cancer, Lion, Vierge, Balance, Scorpion et Sagittaire (décembre). Un beau tour du zodiaque !


Figure 2 : tes conjonctions Jupiter-Uranus, de 1900 à 1983. Une étoile à six branches.

A ce propos, nous venons d'évoquer la division du cercle en degrés. Pourquoi chaque signe (la douzième partie du cercle zodiacal) est-il divisé en 30° ?
Sans doute faut-il y voir l'intervention d'un rythme astronomique évident ; le cycle jour/nuit. Il y a 365 jours 1/4 dans une année. Et 360 est le multiple de 12 (360 vaut 30 fois 12) le plus proche de 365 1/4. Là encore, nous retrouvons une simplification entière de rythmes complexes. Une origine plausible -sinon probable- pour le zodiaque.

PERSPECTIVES D'INTERPRETATIONS

Le cycle Jupiter-Uranus évoque une spirale évolutive (conjonctions en sextiles) ; avec Jupiter, on laisse le monde fractionné des astéroïdes pour aller vers la simplification uranienne. On passe du chaos à l'affirmation personnelle en faisant œuvre d'intégration sociale (des mots clés pour Jupiter). Saturne, à l'inverse, crée une rupture avec le monde uranien pour fragmenter, interroger l'individu : les conjonctions Satûrne-Uranus s'opposent entre elles (en 1988, les deux planètes sont en conjonction dans les derniers degrés du Sagittaire, tandis qu'elles le seront dans les derniers degrés des Gémeaux en 2032, conjonction suivante). Le modèle cyclique que nous avons développé- invite à s'interroger sur les cycles imbriqués : le nombre 504 est multiple de toutes les périodes planétaires. En 504 ans. Chaque planète est censée occuper une position identique (en fait voisine). L'histoire bafouille... Comme le ciel. Le XVe Siècle fut astrologiquement très proche du nôtre. En l'an 1400. Neptune et Pluton étaient en conjonction dans le signe des Gémeaux, tandis que Saturne (en Capricorne) flirtait avec Uranus (en Sagittaire). Cinq siècles plus tard (en 1900), Neptune et Pluton se retrouvaient conjoints en Gémeaux, opposés à Uranus en Sagittaire et Saturne en Capricorne.
Si le zodiaque des nombres, tel que nous l'avons présenté, apparaît insuffisant pour traduire de manière précise les fonctions planétaires et les cycles, il reste un support de réflexion original pour l'astrologue. Une modélisation plus affinée pourrait un jour rendre compte -sinon l'expliquer- du fait astrologique.

(1) Science & Avenir, numéro spécial hors série n" 61 « Les nouvelles planètes », sous la direction d'Albert Ducrocq.

(2) Extrait de Science & Vie (astrologue malgré luit): «Lorsque les êtres vivants sont placés à l'abri des donneurs de rythmes évidents, comme la lumière ou le cycle des saisons, ils cherchent d'autres cadences sur lesquelles régler leurs rythmes biologiques, car ils ne peuvent vivre sans donneurs de rythme. Selon cette théorie, ils se trouvent alors eh état de sensibilité maximale vis-à-vis des synchroniseurs subtils de l'espace, D'où l’idée que l'enfant dans l’utérus puisse être hypersensible aux faibles variations de l'environnement cosmique ou du magnétisme terrestre. » SCIENCE & VIE, numéro hors série « cycles et saisons » Juin 1988.

(3) Note pour les matheux. Lorsque deux planètes ont un rapport de rythmes de P/Q (une fraction réduite à deux entiers n'ayant pas de diviseurs communs), leurs conjonctions divisent le cercle en P-Q parts égales. Ainsi, le Soleil et Vénus (rapport de rythmes de 13/8) dessinent une étoile à cinq branches (13=8-5). Si les fameux biorythmes (cycles de 23, 28 et 33 jours) étalent des planètes, la succession des conjonctions dessinerait également une étoile à cinq branches.

contact : Christophe de Cène.