Astrologue.org propose sa rubrique d'astrologie mondiale: les configurations planétaires et leurs conséquences sur les évènements internationaux.

ASTROLOGIE
Les preuves statistiques
deuxième partie, vingt ans après...

2014 : le point 21 ans après l’expérience portant sur les joueurs d’échecs.


 

En 1993 paraissait dans Les Cahiers Conditionalistes une étude statistique touchant plus de 1500 joueurs d’échecs, les plus forts de l’histoire (encyclopédies des échecs) et du moment (le Top 100 du classement mondial d’alors). 21 ans après, une nouvelle  expérience confirme pleinement les résultats étonnants obtenus en 1993, faisant passer à une chance sur 400 millions d’attribuer au hasard les anomalies constatées.

Notre étude en quelques chiffres...

Les conjonctions et oppositions mercure-saturne sont calculées à 4° d'orbe, c'est à dire de tolérance (définissant ainsi une bande écliptique de 8°, qui couvre 1/45ème du cercle).
 

La période de 15 ans allant de 1930 à 1944 inclus correspond au pic de naissances des joueurs cités dans les deux encyclopédies utilisées. Durant ce laps de temps de 5479 jours, on comptabilise (12 H TU) :

113 jours de conjonctions mercure-saturne, 114 jours d'oppositions (à 4° d'orbe). Une parfaite égalité.

 

Etude de 1993 :

On comptabilise au total 34 conjonctions pour 3 oppositions, montrant un net déficit des oppositions.

La probabilité de ne trouver aucune opposition chez les 550 joueurs du premier groupe est faible :
1 chance sur 233 000.

La probabilité de trouver trois oppositions au plus chez les 1143 joueurs du deuxième groupe est encore plus faible :
1 chance sur 43 000 000.

Etude complémentaire en 2014 :

On comptabilise dans le TOP 100 mondial 10 conjonctions pour 1 opposition.

La probabilité de trouver au moins 10 conjonctions dans ce groupe est de
1 chance sur 12 000. 

Au final, on comptabilise 42 conjonctions pour 4 oppositions. Un rapport de 1 à 10 qui a pour probabilité :

1 chance sur 400 000 000.

L’étude de 1993 porte sur les conjonctions et oppositions Mercure-Saturne dans le thème astral des meilleurs joueurs d’échecs de la planète, et fait apparaître une anomalie importante : on compte 34 conjonctions pour seulement 3 oppositions, quand les deux aspects sont normalement sensiblement équiprobables.

En ne retenant que les deux principaux aspects astrologiques (la conjonction et l’opposition), on simplifie l’analyse des résultats : le calcul des probabilités d’un hasard relève de la loi binomiale (voir ci-dessous), facile à appliquer quand on connait la probabilité p d’une conjonction. Les éventuels biais astronomiques sont ainsi réduits à leur plus simple expression.

Vous trouverez ici en ligne l’article original 1993 : cliquez.

Cette étude n’a jamais fait, à ce jour, l’objet d’un contrôle scientifique (même si certaines critiques très rigoureuses nous permettent d’avancer, voir en encadré « Des critiques constructives »). Seule exception,  le Dr Henri Broch, professeur de biophysique théorique à l'Université de Nice Sophia-Antipolis et directeur du Laboratoire de zététique, avait jugé en 1993 notre méthodologie recevable, et l’étude digne d’intérêt. Il est vrai que notre étude échappe aux pièges de la lecture froide ou à l'effet Barnum  cher au Dr Broch quand il dénonce l’astrologie, « un biais subjectif induisant toute personne à accepter une vague description de la personnalité comme s'appliquant spécifiquement à elle-même » (Wikipedia). Mais « méthodologie recevable » ne signifie pas validation : il manque à notre étude menée en 1993 un élément essentiel qui lui interdisait tout statut scientifique au sens actuel du terme : l’expérience n’est pas renouvelable à volonté. Du moins pas à l’époque de sa publication, l’étude portant, rappelons-le, sur les meilleurs joueurs d’échecs de l’histoire, ou le TOP 100 du moment.

Il était indispensable d’attendre patiemment deux décennies pour renouveler l’expérience, avec le TOP 100 d’une autre génération de joueurs.

C’est ce que nous avons fait en 2014, sur la base d’une liste des 100 meilleurs joueurs mondiaux du moment, communiquée par la FIDE (Fédération Internationale Des Echecs), en appliquant strictement le protocole défini en 1992 (relevé des conjonctions ou oppositions Mercure-Saturne à 4° d’orbe). Résultat : nous obtenons 10 conjonctions pour une seule opposition. Voici les joueurs concernés (avec leur numéro dans le classement ELO mondial, Judit Polgar par exemple étant « le » 64eme joueur mondial) :

TOP 100 mondial en 2014.

Conjonctions Mercure-Saturne :
004 – GRISCHUK Alexander, 1983 10 31
010 - KARJAKIN     Sergey, 1990 01 12
030 – ANDREIKIN Dmitry, 1990 02 05
032 – MOROZEVICH Alexander, 1977 07 18
036 – KAMSKY Gata, 1974 06 02
044 – KRYVORUCHKO Yuriy, 1986 12 19
046 – RAPPORT Richard, 1996 03 25
055 – BU Xiangzhi, 1985 12 10
064 – POLGAR Juditl, 1976 07 23
067 – INARKIEV Ernesto, 1985 12 09

Opposition(s) Mercure-Saturne :
006 - CARUANA     Fabiano, 1992 07 30

Enfin, pour répondre à la demande de quelques correspondants astrologues, nous avons cherché les autres dissonances (carrés à 4° d’orbe). On trouve un seul joueur (ce qui est remarquable. Normalement, les carrés et oppositions devraient être trois fois plus nombreux que les conjonctions ; ils le sont cinq fois moins) :

Carré(s) Mercure-Saturne :
083 - BERKES Ferenc, 1985 08 08

Le TOP 100 en téléchargement

Le lecteur intéressé par cette recherché pourra télécharger ici (cliquez) le fichier des 100 premiers joueurs mondiaux, avec leur rang, leur nom et la date de naissance sous la forme AAAA MM JJ.

Ce fichier au format gam est compatible avec les logiciels d’astrologie Galilée, Astro PC, Astéria PC (Auréas Informatique). Nous remercions Francis Santoni, directeur d’Auréas, de nous avoir offert une version du logiciel AstroPC, qui comporte des fonctions statistiques (développées pour le RAMS, Recherche en Astrologie avec des Méthodes Scientifiques) fort pratiques pour l’analyse. Les données qui suivent la date de naissance des joueurs doivent être ignorées : elles correspondent toutes à une naissance à Paris, à 12 H TU. Comme en 1993, la présente étude ne prend en compte que la date de naissance du joueur.

 Les contrôles en 2014 : équiprobabilité

En 1993, nous avions publié divers contrôles destinés à observer la fréquence des aspects mercure-saturne dans une population normale, prise au hasard. En particulier, le calcul avait été fait pour chaque jour de 1930 à 1960, la période où se situait la majorité des naissances. Nous avions relevé une quasi-équiprobabilité de la conjonction et de l’opposition (sur une échelle de temps suffisante, de l’ordre de quelques années).

Un correspondant nous a fait remarquer, à juste titre, qu’il manquait l’examen d’une population réelle, non échiquéenne pour d’évidentes raisons. Nous avons profité de la mise à disposition du logiciel AstroPC, livré avec de telles bases, pour examiner la répartition des aspects Mercure-Saturne chez les sportifs, acteurs, chanteurs… La répartition confirme l’équiprobabilité des aspects de conjonction et opposition mercure-saturne (orbe large, 11°, pour contrôler les répartitions astronomiques) :

Sportifs de haut niveau : 11 conjonctions, 11 oppositions, 23 carrés.  Total : 184
Politiciens : 28 conjonctions, 23 oppositions, 54 carrés. Total : 369
Journalistes : 5 conjonctions, 3 oppositions,  9 Carrés. Total : 91
Chanteurs : 4 conjonctions, 6 oppositions, 14 carrés.   Total : 97
Acteurs de cinéma : 11 conjonctions, 18 oppositions, 26 carrés. Total : 270
Peintres : 9 conjonctions, 7 oppositions, 12 carrés. Total : 139
Divers (fichier version7fr) : 35 conjonctions, 33 oppositions, 63 carrés. Total : 543.
Evénements : 0 conjonctions, 3 oppositions, 4 carrés. Total : 37.
Scientifiques : 5 conjonctions, 2 oppositions, 7 carrés. Total : 108.
PDG : 6 conjonctions, 5 oppositions, 20 carrés. Total : 132.
Militaires
: 0 conjonction, 1 opposition, 1 carré. Total : 12.
Religieux : 2 conjonctions, 3 oppositions, 7 carrés. Total : 47.
Musiciens : 5 conjonctions,  4 oppositions,  10 carrés. Total : 75 .
Policiers : 0 conjonctions,  3 oppositions, 1 carré. Total : 12.

Au total : 121 conjonctions, 122 oppositions, c'est-à-dire une équiprobabilité, 251 carrés, proche du double, comme attendu.
Total : 2116 naissances de célébrités. Chaque secteur de 22° (conjonction, opposition, 2 carrés à 11° d’orbe) est sensiblement égal et représenté comme attendu au hasard.

A titre de comparaison, le même calcul (orbe de 11°) appliqué à notre TOP 100 – 2014 des joueurs d’échecs donne (calcul effectué par le logiciel AstroPC) :
Joueurs d’échecs : 14 conjonctions, 1 opposition, 7 carrés. Total : 100, là où le hasard laissait envisager 6 conjonctions, 6 oppositions, 12 carrés.

Au-delà de 4° d’orbe

Dans la fourchette allant de 4 à 11°, nous rencontrons dans le TOP 100 – 2014 quatre joueurs nés le jour d’une conjonction, et aucune opposition :

021 - LEKO Peter,1979 09 08
049 - NAIDITSCH Arkadij,1985 10 25
071 - GRANDA ZUNIGA Julio E,1967 02 25
074 - ALEKSEEV Evgeny,1985 11 28

Conformément à la tradition astrologique, « l’effet mercure-saturne » est encore présent, mais atténué.

De 11 à 18°, la tendance s’inverse : nous rencontrons 2 conjonctions et 4 oppositions mercure-saturne.

Nous retrouvons exactement le processus signalé en 1993, que ce tableau résume (se reporter à l’article paru dans les cahiers conditionalistes) :

Nombre de conjonctions/oppositions par tranches :

 
Tranches

 
TOP 100 2014

550 joueurs
Thé Batsford Chess Encyclopedia

1143 joueurs
Thé Guiness Chess,
thé record

0° - 4°

10 – 1

15 – 0

23 – 3

4°-11°

4 – 0

31 – 16

44 – 28

11° - 18°

2 - 4

24 - 28

45 – 51

 Dans la fourchette 11 à 18° se dessine la quasi-équiprobabilité de la conjonction et l’opposition ; cette dernière paraît même l’emporter. Ceci nous semble exclure un biais statistique d’ordre astronomique dans notre étude.

Quelles chances d’obtenir ce résultat par hasard ?

L’étude menée en 2014 confirme largement les résultats publiés en 1993, avec une population presqu’intégralement renouvelée. Nous constatons que tous les échantillons (deux encyclopédies pour l’histoire des échecs, deux TOP 100 à vingt ans d’intervalle) vont dans le même sens : la conjonction est nettement plus fréquente que l’opposition chez les joueurs d’échecs de premier plan, ce qui n’est pas le cas d’une population type, « normale ».

Dès le début de notre étude, en 1992, nous avions fait le choix d’une structure simple, consistant à relever les deux aspects opposés par l’astrologue : la conjonction et l’opposition. L’avantage d’une telle simplification réside dans la limitation des biais statistiques, notamment d’ordre purement astronomique (il est dans ce cas de figure assez facile de les isoler). Mais plus encore, nous avions le souci de pouvoir calculer aisément les chances de voir nos résultats attribués au hasard.

En effet, notre méthode revient à retenir les deux aspects (conjonction, opposition mercure-saturne), puis à calculer les chances de voir apparaître au moins k conjonctions (k « succès ») sur n expériences, conjonctions ou oppositions. Encore une fois, nous cherchons clairement à vérifier ou infirmer une hypothèse astrologique.

Dans ce cas de figure, le calcul est relativement simple, et la loi binomiale s’applique :

Probabilité de k succès dans une répétition de n expériences,
p étant la probabilité de succès.

 

Si, comme le montrent nos contrôles, les conjonctions et oppositions sont équiprobables durant la période considérée, p vaut 0,5.

Un biais astronomique ?

Si un biais statistique d’ordre astronomique existe, cette valeur de p devra être modifiée. Mais aucun élément ne nous permet aujourd’hui de remettre en doute l’équiprobabilité des conjonctions et oppositions mercure-saturne durant la période étudiée.  Et une valeur de p légèrement différente (s’il y a lieu, mais rien ne nous incite à le penser) ne saurait fausser les conclusions au point d’infléchir la tendance.

Calcul de probabilité 

Au terme de cette étude, nous disposons des éléments suivants :

L’étude de 1993 totalise 34 conjonctions pour 3 oppositions.

En 2014 (TOP 100), la liste est presque entièrement renouvelée : seuls Gata Kamsky et Judit Polgar figurent dans la liste établie en 1992, portant à 8 les nouveaux joueurs d’échecs à prendre en compte pour les conjonctions, ainsi qu’une opposition (Fabiano Caruana).

Au total, nous comptabilisons 42 conjonctions pour 4 oppositions, sur un total de 46 aspects retenus.

N=46 ; k=42 ; (n,k) = 46! / (42 ! 4 !) = 163185 ; P = 163185 . 0.5^42 . 0.5^4 = 2.3189983 . 10^(-9)
 N=46 ; k=43 ; (n,k) = 46! / (43 ! 3 !) = 15180 ; P = 15180 . 0.5^46 = 2.1572078 . 10^(-10)
N=46 ; k=44 ; (n,k) = 46! / (44 ! 2 !) = 1035 ; P = 1035 . 0.5^46 = 1.4708235 . 10^(-11)
N=46 ; k=45 ; (n,k) = 46! / (45 ! 1 !) = 46 ; P = 46 . 0.5^46 = 6.5369932 . 10^(-13)
N=46 ; k=46 ; (n,k) = 46! / (46 ! 0 !) = 1 ; P = 0.5^46 = 1.4210855 . 10^(-14)

Au total :

P = 179447 . 0.5^46 = 2.5500953 . 10^(-9)

Soit 1 / 392 142 000, près d’une chance sur 400 millions.

Note : S’il y a un biais astronomique et que les conjonctions sont plus fréquentes (durant la période considérée) que les oppositions, ce que nos contrôles sur des populations réelles ne laissent pas supposer, il faut plusieurs points d’écarts pour faire basculer la probabilité du hasard en dessous de 1 chance sur 100 000 000. Ainsi, si l’on pose la probabilité de la conjonction égale à 52% (contre 48% pour l’opposition), on a une chance sur 88 000 000 d’observer nos résultats (au moins 42 conjonctions). Calcul :

Si p= 0.52 (1-p = 0.48)

N=46 ; k=42 ; (n,k) = 46! / (42 ! 4 !) = 163185 ; P = 163185 . 0.52^42 . 0.48^4 = 1.0227880 . 10^(-8)
N=46 ; k=43 ; (n,k) = 46! / (43 ! 3 !) = 15180 ; P = 15180 . 0.52^43 . 0.48^3 = 1.0307166 . 10^(-9)
N=46 ; k=44 ; (n,k) = 46! / (44 !
2 !) = 1035 ; P = 1035 . 0.52^44 . 0.48^2 = 7.6132475 . 10^(-11)
N=46 ; k=45 ; (n,k) = 46! / (45 ! 1 !) = 46 ; P = 46 . 0.52^45 . 0.48^1 = 3.6656377 . 10^(-12)
N=46 ; k=46 ; (n,k) = 46! / (46 ! 0 !) = 1 ; P = 0.52^46 . 0.48^0 = 8.6328423 . 10^(-14)

Total P = 1.1338481 . 10^(-8)

1 / 88 195 236

CONCLUSION

Sur 46 aspects mercure-saturne relevés (conjonction ou opposition), les chances de trouver au moins 42 conjonctions s’élèvent (calcul selon la loi binomiale) à 1 sur 400 millions.

Une telle probabilité validerait n’importe quel résultat médical ou scientifique s’il ne s’agissait d’astrologie ! Il est vrai que rien aujourd’hui ne permet de comprendre, de près ou de loin, comment concilier l’astrologie et le savoir scientifique contemporain. Reste que les faits sont là, jusqu’à ce qu’on démontre les biais qui faussent cette étude au point de la rendre caduque. Mais lesquels ? En attendant, un fait astrologique s’impose au fil du temps.

 

Des critiques constructives, quelques chiffres…

Le cas Einstein

L’étude menée en 1992 a fait l’objet de contrôles très rigoureux. Disons-le d’emblée, Albert Einstein, dont le thème astral comporte une conjonction mercure-saturne serrée, n’a pas été comptabilisé dans le cadre de notre étude pour d’évidentes raisons : bien qu’ami du champion du monde d’échecs Lasker et joueur occasionnel, et à ce titre présent dans notre liste de référence (encyclopédies), le grand physicien ne pouvait bien entendu pas compter parmi les joueurs de premier plan.

La liste « brute » sortie du traitement informatique d’alors pouvait prêter à confusion, Einstein y figurant. Mais il suffit de savoir compter jusqu’à 17 pour constater que le physicien n’est pas pris en compte. En effet, notre étude comptabilise 17 conjonctions mercure-saturne dans le premier groupe étudié (Thé Batsford Chess Encyclopedia et le TOP 100), pour aucune opposition (« Nous voici donc, écrivions-nous en 1992, avec un contrôle positif de la première expérience, et un score de 17 conjonctions à 0 oppositions (à 4° d'orbe. »). Voici les joueurs retenus :

DIVINSKY, EINGORN, HEIDENFELD, KLARIC, LANGE, LILILENTHAL,  MEDNIS, O KELLY, PACHENKO, PONZIANI, PSAKHIS, ROSSETTO, SANGUINETTI, VERA, ainsi que Judit POLGAR, KAMSKY et GOLDINE. 

Soit au TOTAL : 17 joueurs d’échecs de premier plan.

N’ont pas été pris en compte : Albert EINSTEIN et le grand-maître (GMI) Milan VIDMAR. Pour ce dernier, né à Ljubljana (Autriche-Hongrie, puis Yougoslavie, puis Slovénie) en 1885, nous avions un doute sur le calendrier en usage (adoption tardive du calendrier grégorien dans l’est de l’Europe). Notre sélection rigoureuse écarte logiquement de la liste Vidmar et Einstein, ne retenant que 17 grands joueurs d’échecs.




Thé Batsford Chess Encyclopedia
Einstein était l’ami d’Emanuel Lasker, et regrettait
« qu'un aussi grand esprit se soit abandonné aux échecs ».

 

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Thé Batsford Chess Encyclopedia

Critique de Serge Bret-Morel

Sur son site « L’astrologie et la raison » (http://www.lastrologie-et-la-raison.net/joueurs_echecs.htm), Serge Bret-Morel signe une étude critique intitulée « L’intéressante expérimentation portant sur les naissances des meilleurs joueurs d’échecs ».

L’auteur se définit comme un ex-astrologue devenu sceptique (voir ou plus exactement entendre http://pangolia.com/blog/?p=1559). Il souligne un point qui, dans notre étude, pose question :

 "Comme attendu, les conjonctions sont en nombres bien supérieurs aux oppositions (comprendre : la conjonction serait « donc » plus favorable aux joueurs d’échecs que l’opposition). Toutefois, toutefois, si l’on examine les chiffres de plus près, on se rend compte que la conclusion n’est pas si évidente à établir. En fait, le nombre des conjonctions qui apparaît est très proche de ceux produits par le simple hasard, alors que les oppositions sont quant à elles, en réel déficit…/… Notre conclusion diffère donc de celle des auteurs de l’expérimentation d’origine : si l’expérimentation est recevable, alors les oppositions de Mercure et Saturne sont défavorables à la réussite des meilleurs joueurs d’échecs, tandis que la conjonction est absolument sans effet décelable sur eux (il n’y en a pas plus que ce que produit le hasard)."

Serge Bret-Morel a raison si l’on considère l’ensemble des joueurs d’échecs retenus (plus de 1500) : la conjonction Mercure-Saturne n’y parait pas en excès, tandis que l’opposition est nettement en déficit. Cependant, nous nuancerons ses propos. Comme il le remarque :

"L'expérience est ensuite reproduite avec les 100 meilleurs joueurs. On s'attendrait à ce que la fréquence augmente considérablement si la conjonction fonctionnait « comme favorisant » une telle évolution, mais seules 4 conjonctions ressortent. Les résultats positifs prévus par le hasard pour cette nouvelle expérimentation, sont donc de 100 x 1/45 = 2 (2.22 exactement). Encore une fois, le résultat de 4 joueurs possédant cette conjonction semble relever du hasard (« deux fois plus » certes, mais « deux de plus seulement » aussi…)."

Et c’est là que nos points de vue divergent : le thème astral de Judit Polgar, première joueuse mondiale, nous avait en 1992 mis sur la voie de notre étude. Elle est née sous une conjonction serrée Mercure-Saturne. Dans le TOP 100 d’alors, 4 joueurs présentaient le même aspect, et c’est donc un peu plus qu’attendu. Nous avons constaté empiriquement que les conjonctions se produisent fréquemment dans le thème de joueurs d’échecs vraiment forts, et l’étude menée en 2014 confirme largement ce propos : avec 10 conjonctions, cet aspect est clairement en excès. Si l’on examine la liste des joueurs du TOP 100 en 2014, on constate une forte concentration de la conjonction chez les 50 premiers joueurs (7 conjonctions), tandis que les 50 suivants en comptent 3. Il nous semble avoir observé que la conjonction est d’autant plus fréquente que le niveau des joueurs est élevé, mais ceci demande une étude complémentaire qui reste à faire (elle est cependant en cours et une tendance se dessine).

Serge Bret-Morel souligne à juste titre le fait que le déficit d'opposition constitue le fait le plus remarquable de notre étude. Ceci nous semble exact, et peut être quantifié. En effet, avec 0 opposition sur les 550 joueurs que compte l'encyclopédie anglaise Batsford, le calcul de la loi binomiale se simplifie :

Avec la probabilité p d'une opposition égale à 1/45 (4° d'orbe, donc une bande de 8° sur les 360° du zodiaque),
avec k=0, la probabilité de n'avoir aucune opposition  devient 1 . (1/45)^0 . (1-1/45)^550, soit

0,97777777... à la puissance 550, c'est à dire une chance sur 233 000.

Plus impressionnant encore est le calcul de probabilité relatif à la seconde expérience, avec 1143 joueurs (Guinness Chess) et 3 oppositions seulement :

La probabilité de rencontrer trois oppositions au plus dans notre échantillon est de

1 chance sur 43 000 000.

Pour autant, il ne faut pas négliger la probabilité d'obtenir l'excès de conjonctions constaté en 2014 dans le TOP 100 des joueurs.
Le calcul (voir la feuille EXCEL en fin d'article) fait apparaître une chance sur 12 000.

Au total, si l’on tient compte des deux TOP 100 (1992 et 2014) en éliminant les doublons, on comptabilise 13 conjonctions pour une opposition, le premier aspect étant clairement en excès, le second en déficit. Notons que Serge Bret-Morel ne disposait pas de cette nouvelle étude lorsqu’il a rédigé son article objectif et bien construit.

Ce caractère qualitatif nous paraît digne d'intérêt et rappelle ce qu'on observe dans la liste des célébrités citée ci-dessus (logiciel AstroPC) : chez 108 scientifiques connus, la conjonction mercure-saturne se distribue au hasard. Si l'on resserre le filet, avec un orbe de 2° seulement (conjonction quasi-exacte, 1 chance sur 90 d'apparition), le hasard est respecté là encore : 1 seul cas. Mais il s'agit d'un gros poisson : Albert Einstein, le plus brillant du lot, sans le moindre doute (liste consultée).

A ce stade, il nous semble prématuré de conclure à un effet non mesurable de la conjonction, au moins chez les joueurs les plus forts.

L’auteur ajoute : "Il reste que cette expérimentation présente bien des qualités et qu’elle offre un résultat doublement surprenant…/… Il faudrait reproduire l’expérimentation pour constater ou non les mêmes résultats." … C’est désormais chose faite.

… et des critiques fantaisistes

Parfois, les critiques relèvent de la plus haute fantaisie. Ainsi, l’éditeur et auteur d’une revue d’astrologie héliocentrique (dont nous tairons le nom par charité) nous accuse de mystification, en juin 2014. La lecture des premières pages du magazine nous apprend que sont ici publiées « des prévisions avant l’événement (sic), depuis 2003 ». Et l’auteur d’ajouter que « 80% des prévisions se concrétisent », grâce à l’astrologie héliocentrique et le zodiaque universel. Fort de ces principes, il condamne l’ensemble de la communauté des astrologues (lui excepté), voué aux illusions d’une pratique géocentrique…  La messe est dite et mieux vaut en sourire. Suit un pamphlet pugnace et discourtois prétendant « démontrer » que notre étude est une mystification. Avec quels arguments ?

Nos données ne seraient pas « astronomiques » mais « astrologiques ». Faux. Les astrologues placent les planètes sur un zodiaque commençant au point vernal, et tiennent compte de la longitude écliptique ; des données utilisées aussi bien par l’astronome (coordonnées écliptiques ou équatoriales, selon les cas) que par l’astrologue (le zodiaque).

Mercure possède un mouvement sidéral de 87 jours, contrairement aux données erronées des astrologues. Sur cet argument fallacieux repose une grande partie de la critique, notre étude portant sur les conjonctions et oppositions Mercure-Saturne pour un observateur terrestre. L’auteur constate évidemment des différences pour un observateur virtuel placé sur le Soleil (fondement de l’astrologie héliocentrique, mouvement très marginal). Argument irrecevable, l’objet de l’étude étant d’examiner le bien fondé d’une hypothèse relevant de l’astrologie classique.

Deux biais statistiques affecteraient notre étude : le biais du survivant, et le biais de confirmation. Faux. Renseignements pris auprès d’un de nos correspondants, statisticien à l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques), ces biais ne peuvent concerner notre étude. En particulier, l’examen des meilleurs joueurs d’échecs du monde est un sujet comme un autre, et le non-examen des joueurs moins forts ne constitue pas un « biais du survivant », notion que l’auteur de l’article maîtrise mal (le nom vient d’une expérience menée par la Royal Air Force durant la seconde guerre mondiale). 

Nous aurions pris en compte Albert Einstein au nombre des maîtres joueurs d'échecs. Faux. Notre étude de 1992 comptabilise 17 conjonctions mercure-saturne pour aucune opposition, dans le premier groupe (Thé Batsford Chess Encyclopedia et le TOP 100 - 1992). Voici les noms de ces 17 joueurs : DIVINSKY, EINGORN, HEIDENFELD, KLARIC, LANGE, LILILENTHAL,  MEDNIS, O KELLY, PACHENKO, PONZIANI, PSAKHIS, ROSSETTO, SANGUINETTI, VERA, ainsi que Judit POLGAR, KAMSKY et GOLDINE.  Relire notre article à ce propos. Comme vous pouvez le constater, Einstein n’y figure pas, bien que présent dans la liste de Batsford Chess (reproduite par nos soins), notre sélection rigoureuse l’ayant écarté. Cette éviction nous semblait alors évidente, Einstien n’étant cité que pour son amitié avec le champion du monde d’échecs Emmanuel Lasker.

La suite prend l’allure d’un règlement de comptes entre astrologues, situation pitoyable qui n’intéresse pas le lecteur. Au final, en bon chrétien, je pardonne bien volontiers les attaques personnelles dont je fais l’objet dans cet article. Reste qu’aucun des arguments critiques avancés n’est recevable.

LE TOP 100 - 2014


Feuille de calcul EXCEL
incluant la loi binomiale. Ici, la probabilité d'obtenir au moins 10 conjonctions mercure-saturne sur un total de 100 joueurs (notre TOP 100 - 2014), la probabilité d'une telle conjonction étant de 1/45, soit 0,022222.
Le calcul montre que cette probabilité est de 8,2.10^(-5), c'est à dire
1 chance sur 12 000 environ.

C'est la chance que nous avions d'obtenir une confirmation aussi forte de notre étude de 1993; lors de la seconde expérience en 2014.

 

 

 
Annexe 1 : les longitudes écliptiques de Mercure et Saturne,
les tranches d'âge des échantillons de joueurs pris en compte.

L'examen des longitudes écliptiques de Mercure et Saturne (le strict équivalent du 0° Bélier à 30° Poissons des astrologues, chaque signe étant compté par tranches de 30° à partir du point vernal) montre la progression des deux planètes sur la bande écliptique. On y voit, trois fois par an en moyenne pour Mercure et une fois par an pour Saturne, le recul apparent (vu de la terre) des deux planètes sur la voûte céleste. Ce sont les boucles de rétrogradation. A l'échelle d'un an, elles peuvent expliquer une fréquence particulière des conjonctions et oppositions mercure-saturne. Toutefois, ces anomalies disparaissent vite quand on élargit l'échantillonnage des dates. Ainsi, en sept ans, on constate que les boucles de Mercure couvrent l'ensemble de la bande écliptique. De plus, il n'y a aucune raison que la rétrogradation de cette planète se situe à la conjonction plutôt qu'à l'opposition de Saturne, les deux graphes n'étant liés en rien.

En prenant en compte une échelle de temps suffisamment étendue, ces graphes montrent que les conjonctions et oppositions sont équiprobables, et cela à une échelle allant de quelques dizaines d’années à plusieurs siècles (l'apparition des boucles étant très régulière). Ce que confirme l'ensemble de nos contrôles statistiques.

Se pose alors la question de l'étalonnage en dates de notre population échiquéenne :

TOP 100 – 2014 compte KASPAROV, ANAND, IVANCHUK, GELFAND, GRANDA ZUNIGA, DREEV, BAREEV, SHORT, SMIRIN, nés dans les années 60, mais aussi, les plus jeunes, SAFARLI ou HOWELL nés dans les années 90. La majorité se situe dans les années 70 et 80. L’amplitude est de trois décennies.

Les 550 joueurs de Batsford Chess :
Les conjonctions relevées vont de HEIDENFELD, LILILENTHAL ou O KELLY nés en 1911 à Judith POLGAR née en 1976.

Quant au Guinness Chess (1143 champions d’échecs), il passe en revue des joueurs nés à des époques très diverses :
La liste des joueurs débute par des naissances survenues en : 1904, 1971, 1943, 1913, 1950, 1967, 1954, 1940, 1912, 1883 (de Abbout à Ahues, les joueurs étant classés par ordre alphabétique). Nous avons cherché le nom POLGAR dans la liste : on le trouve à la page 158, citant la grande sœur de Judith, Suzsa Polgar, née en 1969 (et qui fut championne du monde d’échecs). A la même page sont cités Philidor (le génial français né en 1726), Phillsbury (1872), Pirc (1907), Plaskett (1960) et Pope (1843). C’est dire l’amplitude des échantillons étudiés : plus de deux siècles d’histoire des échecs.

A cette échelle de temps, les conjonctions et oppositions mercure-saturne sont équiprobables. Il est légitime d'attribuer à l'un et l'autre de ces deux phénomènes une probabilité de 1/45 (à 4° d'orbe).
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Christophe de Cène
asteria @
aliceadsl . fr
 

Vous trouverez ici en ligne l’article original 1993 : cliquez.